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Le cerf-volant


1888, Arthur Batut invente la photographie aérienne
automatique par cerf-volant

En observant un papillon planer contre le vent, Arthur Batut émet l'idée de fixer une chambre noire  sur un cerf-volant.

Il met ainsi à la portée du plus grand nombre une technique jusque-là onéreuse et délicate à mettre en œuvre : auparavant, Nadar, inventeur de la photographie aérienne, montait dans une Montgolfière avec son appareil photographique.

Ce procédé trouve immédiatement des utilisateurs qui l'appliquent dans les domaines les plus divers :

  •  relevés topographiques lors de la construction du Transsibérien,
  •   levés de plans,
  •   archéologie,
  •   observation de l’ennemi en temps de guerre,
  •   expéditions lointaines etc...
      Le  cerf-volant d'Arthur Batut

 

Début 1888, Arthur Batut confectionne un cerf-volant dont l'armature mesure
2,50 m de haut sur 1,75 m de large composé de bois et de papier.
 
Il met au point une chambre noire à focale fixe, munie d’une simple lentille.
Pour sa légèreté il utilise bois, papier kraft et liège, elle mesure 9cm sur 13cm.
 
L'automatisme du fonctionnement est assuré par le feu d’une mèche d’amadou
qui en fin de combustion libère l’obturateur à guillotine.
 
Le tout en ordre de marche pèse 610 grammes.

Il obtient sa première épreuve dès le printemps 1888.
 
Mais la vitesse, trop lente lors des premiers essais, ne lui permet d’obtenir que des clichés flous. Il fait cependant parvenir un article à la revue "La Nature", le 5 août 1888, image non publiée.
 
Mais Arthur Batut insiste. Après quelques perfectionnements, il maîtrise sa technique, réussit et publie en 1890, aux Éditions Gauthier-Villars,         "La Photographie aérienne par cerf-volant".  




Poème de Juliette Assemat

Il était une ville ronde ...                                                                     Une foule de bâtisseurs anonymes l’avaient patiemment édifiée, posant pierre après pierre, sur un espace choisi entre Thoré et Montagne Noire.

Aucun hommage ne leur fût adressé. Ils n’eurent même pas en récompense de leur mérite, le bonheur de voir d’en haut l’ensemble de leur ouvrage.

De la construction que leur esprit avait conçue, ils ne purent contempler dans la réalité, ni le jeu des lignes, ni l’harmonie des volumes, que la lumière colorait de nuances infinies, au fil des heures et des saisons.

      Labruguière 1896

Plusieurs siècles s’écoulèrent... et le 19ème était près de sa fin.

Les cimes des peupliers frémissaient doucement sous la caresse d’un air tiède, promesse d’un vent plus impétueux annoncé pour trois jours ou neuf. Ce ne serait peut-être qu’un souffle de courte durée, « un autan du lundi qui le mardi n’en pourrait plus », comme l’assurait le proverbe occitan.

C’est alors que l’on pouvait voir sous notre ciel de Labruguière s’élancer un étrange oiseau, à la poursuite d’un nuage. Il semblait s’immobiliser un court instant, fixant de son œil d’aigle la vie paisible des champs et du village.

 Puis, à l’appel d’un magicien, il retournait vers sa demeure environnée de grands ombrages.

Les témoins de sa promenade, indifférents ou intrigués, admiratifs ou goguenards, savaient-ils que le grand oiseau rapportait à son maître le trésor inestimable qu’il avait capturé au vol ?

C’était une image, l’image enfin précise de l’élégante ville ronde, obtenue après une longue quête obstinée. Lorsque le maître s’endormit, dans la paix de sa conscience, l’étrange oiseau cessa de vivre.

     
Juliette ASSEMAT